Par A. Sfez · 22 septembre 2026
Depuis le 1er janvier 2026, le taux d’intérêt annuel maximal autorisé pour un contrat de leasing est de 10 %, contre 11 % en 2025. L’ordonnance du Département fédéral de justice et police du 20 octobre 2025 nomme expressément les contrats de leasing, aux côtés des crédits au comptant et du financement de biens ; les découverts et cartes de crédit avec option de crédit passent de 13 à 12 %. Le taux 2027 sera fixé à la fin du mois d’octobre selon la même formule, sur la base du taux de référence à fin août 2026. Avec un taux directeur maintenu à 0 % par la Banque nationale depuis juin 2025, rien ne le fera bouger : le plafond du leasing auto reste à 10 %, et un contrat signé au-dessus est nul.
Depuis 2016, le plafond ne se négocie plus au Parlement : l’ordonnance relative à la loi sur le crédit à la consommation le calcule chaque année en ajoutant un supplément de 10 points au SARON composé à trois mois, puis en arrondissant au nombre entier le plus proche. Le supplément est de 12 points pour les découverts. À fin août 2025, ce taux de référence valait 0,0054 % : le plafond est donc retombé au niveau du supplément lui-même, son point le plus bas possible tant que le SARON reste proche de zéro. Il avait grimpé quand la Banque nationale relevait ses taux, il redescend avec eux, une année de retard comprise, puisque la mesure d’août fixe le plafond de l’année suivante. La loi elle-même borne l’exercice : le taux maximal ne doit en règle générale pas dépasser 15 %.
La loi sur le crédit à la consommation range parmi les crédits à la consommation les contrats de leasing portant sur des choses mobilières à usage privé, dès lors qu’ils prévoient une augmentation des redevances en cas de résiliation anticipée. C’est le cas de la quasi-totalité des leasings auto, avec leur tableau de résiliation anticipée. Le champ s’arrête aux montants compris entre 500 et CHF 80’000 : au-delà, le plafond ne s’applique plus, ce qui concerne les véhicules de luxe et personne d’autre. Pour tous les autres, le contrat doit indiquer le taux annuel effectif global, calculé sur le prix d’achat au comptant, la valeur résiduelle et chaque redevance, et non un taux nominal ou promotionnel. C’est ce taux-là que le plafond vise. Le bailleur doit aussi vérifier, avant de signer, que les redevances laissent intacte la part insaisissable du revenu du preneur.
Le plafond est une limite, pas une référence. Sur le véhicule type du site, CHF 45’000 financés sur 48 mois avec une valeur résiduelle de CHF 22’500, la formule des frais financiers du modèle de leasing donne CHF 281 par mois au taux maximal, soit CHF 13’500 d’intérêts sur la durée du contrat. Les comparateurs de leasing affichaient en 2026 des taux effectifs entre 1,9 et 3,9 % hors promotion constructeur : à 3,9 %, les intérêts tombent à CHF 5’265, à 1,9 % à CHF 2’565. Une offre à 7,9 % est parfaitement légale et coûte CHF 10’665, le double d’un taux de marché. Le plafond protège contre l’abus, pas contre le mauvais contrat. Les taux à 0,9 % ou 1,9 % relèvent d’une autre logique, celle des subventions constructeur, que le guide sur les taux promotionnels décortique.
Un contrat qui viole le taux maximal est nul, et la loi précise ce que cette nullité signifie pour un leasing : le preneur restitue l’objet et paie les redevances échues jusque-là, la perte de valeur non couverte reste à la charge du bailleur. Ce n’est donc pas une voiture gratuite, mais une porte de sortie sans pénalité de résiliation anticipée, dans un contrat où cette pénalité est d’ordinaire le poste le plus douloureux. La même nullité frappe un contrat qui omettrait le taux annuel effectif global ou le tableau de résiliation anticipée, deux mentions obligatoires. Dans les faits, un dépassement du plafond est rare chez les bailleurs établis ; il se rencontre dans des montages où frais de dossier, assurance imposée sans choix de l’assureur et options facturées gonflent le coût total sans figurer dans le taux annoncé. Le calcul du taux effectif global existe précisément pour les faire remonter à la surface.
Chercher dans le contrat le taux annuel effectif global, mention obligatoire, et non le taux affiché dans l’annonce. Le comparer à deux repères : 10 %, au-delà desquels le contrat est nul, et la fourchette de 1,9 à 3,9 % qui décrit un financement au prix du marché. Vérifier que les frais de dossier et une éventuelle assurance imposée figurent dans le calcul, puisque la loi les y intègre. Retenir enfin qu’un contrat de leasing est annoncé à la centrale d’information de crédit et pèse sur la capacité d’emprunt future, hypothèque comprise : la brève sur le taux directeur à 0 % montre à partir de quel taux un leasing coûte moins qu’un crédit, et le guide de fond détaille la différence de coût entre les deux.