Par A. Sfez · Mis à jour le 28 septembre 2026
Perte d’emploi, séparation, maladie, hausse de charges : les mensualités qui passaient sans y penser se mettent à peser. La suite n’est pas laissée à l’humeur du bailleur : la loi sur le crédit à la consommation (LCC) fixe le moment où il peut résilier, plafonne ses intérêts de retard et impose le mode de calcul de ce qui reste dû. Ce guide déroule ce calendrier, chiffre le décompte final sur un contrat type, puis détaille les portes de sortie. La règle d’or tient en une phrase : tout se joue avant que l’arriéré ne dépasse trois mensualités.
| Étape | Déclencheur | Base légale |
|---|---|---|
| Rappels, frais, intérêts de retard | Première échéance manquée | Intérêt plafonné au taux du contrat (art. 18 al. 3 LCC) |
| Annonce à la centrale d’information IKO | Arriéré égal à trois mensualités | Art. 26 al. 2 LCC |
| Résiliation par le bailleur | Arriéré supérieur à trois mensualités | Art. 18 al. 2 LCC |
| Restitution et décompte | Après la résiliation | Tableau de résiliation du contrat (art. 11 al. 2 let. g LCC) |
| Poursuite du solde | Décompte impayé | Loi sur la poursuite (LP) |
Deux conséquences pratiques. D’abord, un bailleur ne peut pas résilier après deux mensualités manquées, quoi que dise une lettre de relance : la loi exige un arriéré supérieur à trois redevances. Ce délai est la fenêtre de négociation, et elle se ferme vite. Ensuite, l’annonce à l’IKO, centrale prévue par la loi et consultée avant tout crédit ou leasing, tombe dès trois mensualités en suspens, avant même la résiliation. Les bailleurs annoncent en parallèle à la ZEK, centrale privée de la branche, qui conserve ses inscriptions plusieurs années selon sa propre liste de délais. Tout futur crédit ou leasing passe par ces fichiers ; une régie, elle, demande un extrait du registre des poursuites, qui entre en jeu plus tard.
Rendre les clés ne solde pas le contrat. Le tableau de résiliation, mention obligatoire de tout leasing, recalcule les mensualités comme si le contrat avait été conclu pour la durée réellement écoulée. Or une voiture perd l’essentiel de sa valeur au début : un contrat court coûte beaucoup plus cher par mois, et la différence est refacturée d’un coup.
Cas type : une voiture à CHF 45’000 en leasing sur 48 mois à 3,9 %, valeur résiduelle de CHF 18’000 selon le barème du calculateur, soit une mensualité de CHF 665. Les 14 premières sont payées, puis plus rien ; le bailleur résilie au mois 18, dès que l’arriéré dépasse trois redevances. Recalculé sur 18 mois, avec la valeur résiduelle que le même barème donne à cette durée (CHF 26’100), le contrat aurait coûté CHF 1’166 par mois.
| Dû pour 18 mois selon le tableau (18 × CHF 1’166) | CHF 20’980 |
| Moins les 14 mensualités payées | −CHF 9’308 |
| Décompte à payer, voiture rendue | CHF 11’671 |
| Pour mémoire : l’arriéré qui a déclenché la résiliation (4 mensualités) | CHF 2’660 |
Un arriéré de CHF 2’660 devient une facture de CHF 11’671, 4,4 fois plus, sans voiture. S’y ajoutent les frais de rappel et d’encaissement, les intérêts de retard, les dégâts au-delà de l’usure normale et, selon les conditions générales du bailleur, l’écart entre la valeur du tableau et le prix obtenu à la revente du véhicule. Le tableau de votre contrat fait foi : ce calcul en reproduit le principe avec le barème de valeur résiduelle du site, pas les chiffres d’un bailleur précis.
Point important : une résiliation demandée par le preneur au même moment coûterait la même indemnité, puisque la loi la calcule sur le même tableau. Ce que l’impayé ajoute, ce sont les annonces aux centrales, les frais, la revente précipitée et la poursuite. La sortie volontaire n’est pas gratuite, elle évite seulement tout le reste.
Un décompte impayé finit presque toujours en poursuite. Le commandement de payer laisse vingt jours pour payer et dix jours pour former opposition, sans avoir à la motiver ; une opposition n’est utile que si le montant est réellement contestable, par exemple un décompte qui ne suit pas le tableau du contrat. Sans paiement ni opposition, le bailleur peut requérir la saisie après vingt jours. La saisie de salaire porte sur tout ce qui dépasse le minimum vital, pendant un an au plus pour une même série de poursuites. La poursuite reste ensuite visible dans le registre, consultable par un futur bailleur ou une régie, jusqu’à cinq ans après la clôture de la procédure. Le calcul du minimum vital, et la place qu’il laisse (ou non) à une voiture, sont détaillés dans la brève sur la nouvelle procédure d’assainissement.
Un leasing qui devient impayable était, le plus souvent, trop grand dès la signature : la mensualité passait, le coût réel non. La loi oblige le bailleur à vérifier que les redevances ne touchent pas le minimum vital (art. 29 LCC), mais ce contrôle se fait à la signature, avec le budget du moment. L’outil budget le refait avec les charges suisses complètes et une marge pour les imprévus.
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