Par A. Sfez · Mis à jour le 26 octobre 2026
Tout contrat de leasing repose sur un chiffre que presque personne ne regarde : la valeur résiduelle, ce que le véhicule est censé valoir à la fin du contrat. C’est elle qui fabrique la mensualité, elle qui sert de référence si un rachat est possible, elle encore qui se règle au moment de rendre les clés. Comprendre ce chiffre, c’est comprendre son leasing.
En leasing, vous ne remboursez pas le prix de la voiture, seulement la différence entre son prix neuf et sa valeur résiduelle, plus les frais de financement. Une voiture à CHF 38’000 avec une valeur résiduelle de CHF 15’200 après 48 mois ne vous « coûte » que CHF 22’800 de dépréciation. La valeur résiduelle n’est donc pas un coût : en fin de contrat, elle existe encore, simplement elle appartient au bailleur.
Même voiture, mêmes 48 mois, seul le pourcentage de valeur résiduelle change :
| VR 40 % (CHF 15’200) | VR 55 % (CHF 20’900) | |
|---|---|---|
| Mensualité affichée | CHF 515 | CHF 408 |
| Intérêts totaux | CHF 4’920 | CHF 5’478 |
| Valeur résiduelle contractuelle en fin de contrat | CHF 15’200 | CHF 20’900 |
La VR gonflée fait baisser la mensualité de CHF 107, argument commercial imparable. Mais elle augmente les intérêts (CHF 559 de plus ici), car les frais de financement d’un leasing se calculent sur un capital qui inclut la valeur résiduelle. Quant au risque que ce chiffre optimiste ne soit pas confirmé par le marché, il ne vous appartient pas tant que vous rendez la voiture : c’est le bailleur qui l’assume. Une valeur résiduelle haute vous arrange donc, sauf si vous comptez racheter le véhicule.
La valeur résiduelle n’est pas nécessairement votre prix de rachat. Elle sert au calcul du contrat et à la reprise du véhicule. Selon le bailleur, elle peut aussi servir de prix d’acquisition, mais aucune règle générale ne l’impose en Suisse : certaines conditions générales écartent expressément tout droit d’achat et présentent le chiffre comme indicatif, d’autres garantissent le rachat à ce montant, d’autres encore renvoient à une offre du concessionnaire. Le contrat fait foi.
Une valeur résiduelle se fixe le jour de la signature, mais la cote d’une voiture de quatre ans se règle en fin de contrat, face aux modèles neufs vendus à ce moment-là. Le marché électrique en donne un exemple récent. Selon AutoScout24, le prix moyen des électriques neuves en annonce est passé de CHF 57’200 à CHF 51’700 entre le premier semestre 2025 et celui de 2026, soit 9,6 % de moins, et celui des électriques d’occasion de CHF 43’300 à CHF 42’100, soit 2,8 % de moins. Une moyenne d’annonces mêle des modèles différents : elle ne dit pas de combien la cote d’un modèle précis a reculé, mais elle donne la direction.
Appliquée à la voiture du tableau, la baisse prend un montant. Si la cote du modèle suit celle du neuf, la valeur résiduelle de CHF 20’900 correspond à un marché d’environ CHF 18’890 en fin de contrat, soit CHF 2’010 d’écart. Qui restitue la voiture laisse cet écart au bailleur. Qui la rachète à la valeur résiduelle, quand le contrat le permet, paie cet écart au-dessus du marché, et qui revend la voiture en cours de contrat le retrouve dans l’écart entre le décompte de sortie et le prix du marché, comme le détaille le guide vendre une voiture en leasing. Plus un segment évolue vite, prix, batteries, nouvelles marques, plus une valeur résiduelle haute devient un pari, et ce pari ne regarde le preneur que s’il compte garder ou revendre la voiture.
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