Par A. Sfez · Mis à jour le 28 septembre 2026
L’assurance auto est le poste que tout le monde paie et que presque personne ne comprend. Trois étages se superposent, un seul est obligatoire, et le leasing impose les trois. Savoir ce que chacun couvre, c’est savoir ce qui s’achète : de la protection, ou du sommeil. En leasing s’ajoute une question que peu de contrats posent clairement : en cas de vol ou de perte totale, l’assureur paie-t-il ce que le bailleur réclame ? Sur le véhicule type du site, la réponse peut valoir plusieurs milliers de francs.
Pour fixer les ordres de grandeur, le calculateur du site estime la prime d’une casco complète à CHF 1’800 par an pour une voiture de CHF 45’000, bonus moyen : un socle de CHF 760 qui correspond surtout à la RC, et CHF 1’040 qui suivent la valeur du véhicule. C’est cette seconde part que la casco ajoute, et elle grandit avec le prix. La prime réelle dépend du canton, de l’âge du conducteur et du degré de bonus ; elle a augmenté de 18,9 % en cinq ans selon l’indice Lomo, détaillé dans la brève sur la hausse des primes.
La casco complète n’est exigée par aucune loi, mais par presque tous les contrats de leasing : le véhicule appartient au bailleur, qui protège son bien jusqu’au dernier jour. Le bailleur peut même imposer l’assureur : la loi le permet, à condition que le contrat indique alors le coût de cette assurance (art. 11 al. 2 let. d LCC). Quand le choix est laissé, comparer l’offre « package » du garage à celle d’un autre assureur, à couverture et franchise identiques, est un réflexe rentable.
Point rarement expliqué : cette prime n’entre pas dans le taux annuel effectif global. La loi n’y intègre que les assurances qui garantissent le remboursement au prêteur en cas de décès, d’invalidité, de maladie ou de chômage (art. 34 al. 4 LCC). Sur le véhicule type, la casco coûte environ CHF 150 par mois, soit 23 % de la mensualité de CHF 665, et CHF 7’200 sur les 48 mois du contrat, sans que le taux affiché n’en dise rien. C’est un coût caché du leasing, à ajouter à toute comparaison avec un achat comptant, où la collision redevient un choix.
En cas de perte totale, l’assureur indemnise la valeur actuelle du véhicule, pas ce qui reste dû au bailleur. Or une voiture perd de la valeur plus vite, au début, que le contrat ne s’amortit. L’écart revient au preneur, sauf si la police prévoit une valeur vénale majorée. Chez Allianz, par exemple, elle paie le prix d’achat complet pendant les deux premières années, puis la valeur vénale plus 20 % ; les règles varient d’un assureur à l’autre. Sur le véhicule type (CHF 45’000, 48 mois, valeur résiduelle de CHF 18’000, valeur actuelle selon le barème du calculateur) :
| Perte totale au mois | Encore dû au bailleur | Écart, valeur actuelle | Écart, valeur majorée |
|---|---|---|---|
| 12 | CHF 38’250 | CHF 12’150 | CHF 0 |
| 24 | CHF 31’500 | CHF 5’400 | CHF 0 |
| 30 | CHF 28’125 | CHF 6’525 | CHF 2’205 |
| 36 | CHF 24’750 | CHF 3’150 | CHF 0 |
| 48 | CHF 18’000 | CHF 0 | CHF 0 |
Sans majoration, une perte totale la première année laisse CHF 12’150 à la charge du preneur, pour une voiture qui n’existe plus. Avec elle, l’écart disparaît tant que le prix d’achat est garanti, puis réapparaît au début de la troisième année (CHF 2’205 au mois 30 dans cet exemple), quand la garantie retombe à la valeur vénale majorée. Certains assureurs et bailleurs proposent une couverture de cet écart (assurance « GAP » ou garantie de la valeur résiduelle) : utile précisément pendant cette fenêtre. Le montant exact réclamé par le bailleur suit le tableau de résiliation du contrat, dont le mécanisme est chiffré dans le guide « si je ne peux plus payer » ; ce tableau-ci en donne l’ordre de grandeur.
Hors leasing, la casco collision est une machine à transformer un gros risque rare en petite dépense certaine. C’est exactement ce qui est demandé à une assurance, tant que le risque est réellement gros. Mais sa pertinence fond avec la valeur du véhicule : l’indemnité suit la valeur actuelle, la prime baisse beaucoup plus lentement.
Deux leviers font varier la prime sans changer de couverture : la franchise (accepter 1’000 francs de franchise collision plutôt que 300 réduit sensiblement la prime, à condition d’avoir ces 1’000 francs disponibles ; en leasing, le bailleur en fixe souvent le montant) et le bonus, qui récompense les années sans sinistre et rend les petits sinistres parfois plus rentables à payer soi-même qu’à déclarer.
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