Par A. Sfez · Mis à jour le 18 août 2026
La Suisse a la réputation d’un pays de fourmis, et sa statistique de l’endettement raconte une histoire plus nuancée : 40,9 % de la population vit dans un ménage qui porte au moins une forme de dette. En tête des types de dette recensés par l’enquête fédérale ne figure ni la carte de crédit ni le petit crédit, mais le leasing automobile : 14,5 % de la population vit dans un ménage qui en détient un. Ni drame ni détail : voici la portée exacte de ces chiffres, et leurs limites.
Part de la population vivant dans un ménage concerné, selon l’enquête sur les revenus et conditions de vie (SILC 2022) de l’OFS, hors hypothèque du logement principal :
| Type de dette | Population concernée |
|---|---|
| Leasing de véhicule | 14,5 % |
| Hypothèque sur une résidence secondaire | 12,6 % |
| Arriérés de paiement | 12,1 % |
Une personne sur sept vit donc avec un leasing auto dans son ménage. C’est la banalisation qui frappe : cette dette se signe en une heure chez un concessionnaire, sans passer par une banque, et s’annonce pourtant à la centrale ZEK comme n’importe quel crédit, avec les mêmes effets sur votre capacité d’emprunt future.
Avoir une dette n’est pas être surendetté. Un leasing honoré chaque mois est un engagement, pas un problème. Les ennuis se lisent ailleurs dans l’enquête : 12,1 % de la population vit dans un ménage avec au moins un arriéré de paiement, et les deux arriérés les plus fréquents sont les impôts (5,5 %) et les primes d’assurance-maladie (4,4 %). Ce sont exactement les deux charges que l’outil budget déduit en premier, parce qu’en Suisse elles ne sont pas retenues à la source et explosent au visage des budgets optimistes.
Le signal conjoncturel, lui, est moins rassurant : l’année 2024 a battu des records avec environ 3,3 millions de commandements de payer (+8,5 % sur un an). La marge de sécurité des ménages se réduit, et un engagement de 48 mois signé sans marge est le premier candidat aux difficultés.